L’appel Monaco Gasly a laissé Alpine avec un sentiment d’injustice. Après le rétablissement des deux pénalités de cinq secondes par la Cour d’appel internationale de la FIA, Pierre Gasly repasse de la troisième à la septième place du Grand Prix de Monaco 2026. L’écurie d’Enstone ne conteste pas l’existence de la décision, mais maintient que sa voiture n’a jamais dépassé la limite dans la voie des stands.
Cette prise de position ne change pas le classement révisé. Elle éclaire en revanche la réaction de l’équipe après près de trois mois de procédure : révision obtenue par Alpine en juin, appel de McLaren et Red Bull, audience à Paris le 25 août, puis jugement publié le 4 septembre. Gasly comme Steve Nielsen disent vivre ce retour en arrière comme un coup dur sportif et humain.

Appel Monaco Gasly : ce qu’Alpine conteste
Dans sa réaction officielle, Alpine exprime sa déception et sa frustration tout en reconnaissant la décision de la formation de jugement. Sa ligne est nette : l’équipe reste convaincue que la voiture n°10 n’a pas franchi la vitesse limite de la voie des stands à Monaco. C’est cette conviction, fondée selon elle sur ses données et sur le dossier de chronométrage, qui avait conduit à la demande de révision déposée après la course.
Steve Nielsen, directeur général d’Alpine F1, a dit que l’équipe se sentait « traitée injustement ». Il a rappelé que la conclusion de la Cour doit être appliquée, mais a expliqué que l’écurie demeurait persuadée de la justesse de son analyse. Pierre Gasly a employé des mots encore plus directs, estimant que l’équipe s’était « fait voler » après avoir fini troisième sur la piste.
Ces formules traduisent une contestation sportive, pas l’annonce d’une nouvelle procédure précise. À ce stade, Alpine n’a pas communiqué de nouvel appel, de recours distinct ou de calendrier judiciaire. L’équipe doit donc composer avec le classement modifié, tout en poursuivant sa saison en piste.
Ce que la Cour d’appel a décidé
Le document publié par la FIA fixe le cadre officiel. Les commissaires avaient infligé deux pénalités de cinq secondes à Gasly le 7 juin pour excès de vitesse dans la voie des stands. Le 12 juin, à la suite de la révision demandée par Alpine, ces sanctions avaient été annulées et Gasly avait récupéré la troisième place.
McLaren et Red Bull ont ensuite fait appel de cette révision. Après l’audience tenue à Paris le 25 août, la Cour d’appel internationale a déclaré les appels recevables, annulé les décisions du 12 juin et réimposé les deux pénalités. Elle a également ordonné la rectification du classement final de Monaco et des points des championnats pilotes et constructeurs.
| Date | Étape | Effet sur Gasly |
|---|---|---|
| 7 juin | Deux pénalités de cinq secondes | Troisième sur la piste, septième au classement. |
| 12 juin | Révision acceptée après un élément nouveau | Les pénalités sont annulées ; Gasly redevient troisième. |
| 16 juin | Appels de McLaren et Red Bull | Le résultat de la révision est contesté. |
| 25 août / 4 septembre | Audience puis décision de la Cour | Les pénalités sont rétablies ; Gasly redevient septième. |
La FIA annonce aussi une revue de ses processus
Au-delà du résultat de Monaco, la FIA indique examiner la méthodologie et le fonctionnement du système de chronométrage utilisé en F1, ainsi que les règles et processus liés à la révision et à l’appel. Cette annonce ne revient pas sur le jugement publié pour Gasly : elle signifie que l’instance identifie un besoin de retour d’expérience sur ce dossier exceptionnel.
La nuance est importante. La Cour a tranché une procédure précise entre les parties ; l’examen annoncé par la FIA porte sur les outils et les mécanismes qui encadrent ce type d’affaire à l’avenir. Il ne permet pas, en l’état, de prédire une modification du classement ni une suite particulière pour Alpine.

Les conséquences sportives pour Alpine
La décision enlève neuf points à Alpine par rapport au classement né de la révision de juin. Gasly est officiellement septième à Monaco, tandis qu’Isack Hadjar retrouve la troisième place ; Oscar Piastri remonte quatrième, Liam Lawson cinquième et Arvid Lindblad sixième. Notre compte rendu du podium d’Hadjar rétabli à Monaco détaille cette nouvelle hiérarchie.
Dans le championnat constructeurs, Alpine accuse désormais 16 points de retard sur Racing Bulls pour la cinquième place, là où l’écart était de trois unités avant le verdict, selon les classements révisés. Pour l’écurie, la frustration ne concerne donc pas seulement un podium perdu : elle touche aussi une bataille de saison dans laquelle chaque point pèse.
La photo ci-dessous montre Franco Colapinto dans l’autre Alpine au GP de Chine 2026. Elle ne documente pas l’affaire de Monaco ; elle replace le dossier dans l’enjeu collectif d’une équipe dont les deux voitures contribuent au classement constructeurs.

Pourquoi le sentiment d’injustice persiste
Du point de vue d’Alpine, le nœud du dossier reste la mesure de vitesse dans la voie des stands. L’équipe affirme que ses données ne démontrent pas de dépassement de la limite. De son côté, la décision de la Cour ne transforme pas le débat en simple appréciation à chaud : elle annule la révision du 12 juin et fait de nouveau produire effet aux pénalités initiales.
Ce décalage explique le ton de la réaction. Alpine peut respecter la décision et conserver une lecture opposée des faits techniques. La FIA, elle, considère la voie d’appel achevée sur ce point et demande que les conséquences sportives soient appliquées. Le désaccord est donc réel, mais le résultat officiel de Monaco reste celui où Gasly est classé septième.
La prise de parole de Flavio Briatore sur l’indépendance d’un juge constitue un autre volet de la polémique, traité séparément dans notre article sur ses déclarations à Monza. Elle ne doit pas être confondue avec la réaction de Nielsen et de Gasly, centrée sur le fond du verdict et sur la sanction subie par la voiture n°10.
Questions fréquentes sur l’appel Monaco Gasly
Pourquoi Gasly a-t-il perdu sa troisième place à Monaco ?
La Cour d’appel internationale a rétabli deux pénalités de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands. Ces dix secondes le font passer de la troisième à la septième place.
Alpine accepte-t-elle le verdict ?
Alpine indique respecter la décision de la Cour, mais la conteste sur le fond et maintient que la voiture n°10 n’a pas dépassé la limite. Aucun nouveau recours concret n’a été annoncé publiquement.
Que va changer la FIA après cette affaire ?
La FIA dit revoir le fonctionnement du chronométrage et les processus de révision et d’appel. Aucun changement réglementaire précis n’a encore été annoncé.
À retenir
- Alpine juge le verdict injuste et continue d’affirmer que Gasly n’a pas dépassé la vitesse autorisée.
- La Cour d’appel a néanmoins réimposé les deux pénalités de cinq secondes.
- Gasly est classé septième à Monaco ; Hadjar retrouve le podium.
- Alpine perd neuf points et voit son retard sur Racing Bulls passer à 16 points.
Sources : décision de la Cour d’appel internationale de la FIA, mise à jour officielle de Formula 1 et interview de Steve Nielsen et Pierre Gasly par Motorsport.com France.