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Jenson Button lors des 6 Heures de Fuji en 2024
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Jenson Button : l’évolution de son style, du jeune pilote à l’icône du paddock

Vingt ans après sa première victoire en Formule 1, Jenson Button reste associé à bien plus qu’un palmarès. Le champion du monde 2009 a traversé plusieurs époques du paddock, et son apparence a évolué au même rythme que sa carrière : jeune pilote volontiers extravagant, figure décontractée de BAR-Honda, héros de Brawn GP puis ambassadeur au style sobre. Son vestiaire raconte aussi une forme de maturité, construite entre succès, épreuves personnelles et nouvelle vie après la F1.

Jenson Button lors des 6 Heures de Fuji en 2024

Des débuts en F1 marqués par l’insouciance

Jenson Button rejoint Williams en 2000, seulement quelques jours après son vingtième anniversaire. Son talent est évident, mais son arrivée brutale dans l’univers très exposé de la Formule 1 s’accompagne d’un changement de vie tout aussi rapide. Avec ses premiers revenus importants, le Britannique découvre les signes extérieurs de réussite : appartement à Monaco, voiture de sport et yacht attirent autant l’attention que ses performances.

Après sa première saison chez Williams, Button est prêté à Benetton, devenue ensuite Renault. Flavio Briatore, alors à la tête de l’équipe, critique publiquement son image et lui reproche de donner l’impression d’un jeune homme davantage attiré par la fête que par le travail nécessaire au plus haut niveau. Cette réputation de « playboy » lui colle un temps à la peau.

Le pilote reconnaîtra plus tard qu’il cherchait encore son identité. Une anecdote résume cette période : à Milan, il se présente dans une boîte de nuit avec une doudoune Prada dont il garde la capuche relevée. Le vêtement est coûteux et voyant, mais il traduit surtout la maladresse d’un jeune adulte propulsé sans transition dans un monde où chaque détail devient public.

Chez BAR-Honda, le look « boyband » accompagne l’affirmation sportive

L’arrivée de Button chez BAR-Honda en 2003 ouvre une nouvelle phase. Jacques Villeneuve, son expérimenté coéquipier, juge alors que le Britannique ressemble davantage au membre d’un groupe pop qu’à un pilote de course. Avec ses cheveux éclaircis par le soleil et son allure de surfeur, Button détonne dans un paddock encore largement dominé par des tenues très conventionnelles.

Cette image légère ne doit pourtant pas masquer sa progression. Le Britannique devient progressivement le point de repère de l’équipe, monte régulièrement sur le podium et transforme son potentiel en résultats solides. Le 6 août 2006, sur le Hungaroring, il décroche enfin sa première victoire. Parti de la 14e place, il profite d’une course rendue chaotique par la pluie tout en évitant les erreurs. Ce succès intervient pour son 113e départ en Grand Prix.

À ce moment-là, son style personnel et son statut sportif commencent à converger. Button conserve une allure détendue, mais elle apparaît moins comme une posture. Il n’est plus seulement le jeune pilote séduisant que l’on remarque dans le paddock : il est devenu un vainqueur capable de construire une équipe autour de lui.

Brawn GP en 2009 : le jaune fluorescent devient une signature

La saison 2009 représente le tournant majeur de sa carrière. Après le retrait de Honda à la fin de l’année 2008, l’avenir de l’écurie et de ses pilotes semble compromis. Le rachat mené par Ross Brawn permet finalement à la structure de survivre. Avec une préparation réduite mais une monoplace extrêmement efficace, Button remporte six des sept premières courses et prend une avance décisive au championnat.

Le Britannique décroche le titre mondial au Brésil à l’âge de 29 ans. Cette réussite sportive s’accompagne d’une identité visuelle devenue immédiatement reconnaissable. La Brawn BGP 001 blanche est rehaussée de jaune fluorescent et de noir, des couleurs que Button reprend sur son casque. Le contraste tranche avec le motif inspiré de l’Union Jack qu’il utilisait auparavant.

Pour Silverstone, il porte également un casque spécial couvert de boutons et de drapeaux britanniques, accompagné du jeu de mots « Push the Button ». L’objet illustre parfaitement le moment : le pilote assume désormais pleinement son nom, son histoire et son statut de candidat au titre.

Privée de sponsor-titre lors de ses débuts, Brawn GP doit construire très vite son image commerciale. La marque britannique Henri Lloyd devient l’un de ses premiers partenaires et fournit les vêtements portés par l’équipe en déplacement. Les polos blancs et jaune fluorescent, produits pendant l’unique saison de l’écurie, sont depuis devenus des pièces recherchées par les collectionneurs de souvenirs de F1.

Jenson Button avec Brawn GP durant sa saison de champion du monde 2009

McLaren et Hugo Boss installent une élégance plus classique

En rejoignant McLaren en 2010, Button change une nouvelle fois de cadre. Il arrive comme champion du monde dans l’une des équipes les plus prestigieuses de la grille, aux côtés de Lewis Hamilton. Son vestiaire évolue avec ce nouveau rôle. L’époque des expériences voyantes s’efface au profit de pièces plus ajustées et d’une silhouette plus maîtrisée.

Hugo Boss habille alors McLaren depuis près de trois décennies. La marque fournit aussi bien les tenues de travail que les vêtements de voyage et les costumes officiels. Cet environnement contribue à installer l’image plus adulte de Button : celle d’un pilote capable d’être crédible dans le garage, face aux partenaires ou lors d’un événement formel, sans perdre son naturel.

Cette sobriété correspond aussi à son mode de vie. Passionné de triathlon, Button accorde une place centrale à la préparation physique. Il crée même une épreuve caritative à son nom, dont les recettes soutiennent différentes associations. Sa tenue n’est donc plus seulement un outil d’image : elle doit accompagner un quotidien actif, entre entraînement, compétition, déplacements et obligations publiques.

Ses casques racontent une histoire plus intime

Dans la carrière de Button, le casque devient progressivement un espace de mémoire. En janvier 2014, la mort de son père John le touche profondément. Figure familière des paddocks, toujours reconnaissable à sa chemise rose, John Button avait suivi son fils pendant l’essentiel de son parcours.

À Silverstone, Jenson lui rend hommage avec un casque rose. Les supporters sont invités à porter la même couleur, transformant les tribunes en hommage collectif. L’initiative montre combien l’identité visuelle du pilote peut dépasser la simple communication pour exprimer quelque chose de personnel.

Lors de ce qui doit être son dernier Grand Prix, à Abou Dhabi en 2016, Button réunit plusieurs chapitres de sa carrière. Il reprend le dessin jaune et noir de son année de titre, y ajoute du rose en souvenir de son père et fait inscrire une phrase résumant son parcours : il est arrivé avec des rêves et repart avec des souvenirs. Il reviendra ponctuellement à Monaco en 2017 pour remplacer Fernando Alonso, mais cette création demeure le symbole de ses adieux à une saison complète de F1.

Après la Formule 1, un vestiaire réduit et mieux choisi

La retraite de la compétition à temps plein n’éloigne pas Button de la mode. Il devient notamment l’un des visages de Hackett London et s’investit dans la marque britannique LESTRANGE. Cette nouvelle étape ne marque pourtant pas un retour aux excès de sa jeunesse. Au contraire, le champion 2009 explique avoir fortement réduit une garde-robe autrefois encombrée de vêtements rarement portés.

Sa préférence va désormais à des couleurs classiques et à des pièces polyvalentes. L’idée est de pouvoir conserver le même vêtement pour marcher, aller au pub ou composer une tenue plus habillée. À 46 ans, Button ne cherche plus à suivre chaque tendance. Il privilégie la coupe, le confort et la possibilité de porter longtemps ce qu’il achète.

Cette évolution semble logique pour un pilote dont la carrière a toujours reposé sur la finesse plus que sur la démonstration. À ses débuts, ses vêtements traduisaient l’envie d’être vu et le vertige d’une réussite précoce. Chez BAR-Honda, ils accompagnaient une personnalité plus détendue. Le jaune de Brawn GP a ensuite immortalisé son apogée sportive, avant que McLaren ne l’installe dans une élégance plus conventionnelle.

Aujourd’hui, le style de Jenson Button est devenu plus simple, mais aussi plus personnel. L’ancien champion n’a plus besoin d’une couleur fluorescente ou d’un logo d’équipe pour être identifié. Son parcours vestimentaire raconte finalement la même histoire que sa carrière : celle d’un jeune talent parfois jugé trop vite, devenu champion du monde puis figure respectée du sport automobile.

Crédits photos

Photo 1 : Morio / Wikimedia CommonsCC BY-SA 4.0

Photo 2 : Luke Hayfield / Wikimedia CommonsCC BY 2.5

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