Leonardo Fornaroli accélère sa préparation à la Formule 1. Champion de F3 puis de F2 lors de deux saisons consécutives, l’Italien de 21 ans multiplie désormais les essais, les séances de simulateur et les apparitions en essais libres avec McLaren. Son objectif est clair : transformer ce rôle de réserviste en véritable baquet de titulaire.
Intégré au programme de développement de McLaren depuis décembre 2025, Fornaroli a découvert en quelques mois le fonctionnement d’une équipe de pointe. Dans un entretien accordé à Formula1.com, il décrit une progression construite autant dans la voiture qu’en dehors du cockpit.

Leonardo Fornaroli, du doublé F3-F2 au programme McLaren
Le parcours récent de Leonardo Fornaroli explique pourquoi McLaren a choisi de l’intégrer à sa filière. L’Italien a remporté la Formule 3 en 2024 avant d’enchaîner avec le titre de Formule 2 en 2025. Une telle succession l’a placé dans une catégorie très restreinte, aux côtés de pilotes comme Charles Leclerc, George Russell, Oscar Piastri et Gabriel Bortoleto, même si le championnat s’appelait encore GP3 à l’époque de certains d’entre eux.
McLaren a officialisé son arrivée dans son programme de développement en décembre. Le recrutement ne lui garantissait pas une place sur la grille, mais il lui ouvrait l’accès à des outils essentiels : le simulateur, les anciennes monoplaces utilisées lors des essais TPC et le travail quotidien avec les ingénieurs d’une équipe de Formule 1.
Ce modèle rappelle que les filières modernes ne servent plus seulement à repérer un futur champion. Elles doivent former des pilotes capables de fournir des données utiles et de s’intégrer rapidement à une organisation complexe. C’est également l’idée développée dans notre analyse du programme de jeunes pilotes d’Audi, où la préparation humaine et technique occupe une place aussi importante que la vitesse pure.
Des essais privés à deux séances libres en Grand Prix
Fornaroli a piloté une F1 pour la première fois en mars 2026 lors d’une séance TPC à Barcelone. Ces essais avec une monoplace d’une saison précédente permettent à une équipe d’évaluer un jeune pilote sans utiliser les journées de roulage réservées à la voiture actuelle. Pour le champion de F2, le passage à la Formule 1 a surtout révélé un niveau de puissance, d’appui et de complexité nettement supérieur.
Le même circuit a accueilli sa première participation à une séance officielle en juin. Au volant de la McLaren MCL40 durant les essais libres 1, il a signé le cinquième temps. Ce classement était encourageant, mais la mission ne consistait pas à rechercher une performance spectaculaire. Avec peu de tours réellement disponibles pour attaquer, Fornaroli devait surtout aider McLaren à collecter des données aérodynamiques exploitables.
Une deuxième apparition en EL1 a suivi en Hongrie. Entre les deux rendez-vous, il a également effectué du roulage TPC avec Haas à Jerez. Cette expérience extérieure a alimenté les spéculations sur une éventuelle arrivée en F1 en 2027, tout en donnant au pilote un autre point de comparaison sur les méthodes de travail d’une écurie.
La répétition de ces séances est essentielle. Un seul essai peut mesurer la vitesse immédiate, mais plusieurs programmes permettent d’observer la régularité, la qualité des retours techniques et la capacité à progresser d’une sortie à l’autre.
Un travail de réserviste qui dépasse largement le pilotage
Le rôle de Fornaroli chez McLaren comprend de nombreuses heures de simulateur avant chaque roulage. Il participe également au soutien du vendredi pendant les week-ends de Grand Prix et accompagne l’équipe sur les circuits en tant que réserviste de Lando Norris et Oscar Piastri.
L’Italien considère la Formule 1 comme un univers très différent des catégories juniors. Les effectifs sont plus nombreux, les procédures plus détaillées et la quantité d’informations à traiter bien supérieure. Le pilote ne peut plus se limiter à conduire vite : il doit comprendre les priorités du programme, communiquer avec plusieurs groupes d’ingénieurs et fournir des observations assez précises pour influencer les réglages ou le développement.
Le contact régulier avec les titulaires est donc précieux. Fornaroli prévoit de poursuivre son travail avec Norris et Piastri afin d’étudier leur préparation et leurs échanges avec les ingénieurs. Cette proximité lui permet notamment d’observer comment un pilote expérimenté adapte son pilotage aux contraintes d’une monoplace moderne. Notre analyse sur les difficultés rencontrées par Oscar Piastri avec les F1 2026 montre à quel point cette adaptation peut devenir déterminante.
McLaren prévoit encore du roulage pour la deuxième moitié de 2026
Le programme ne s’arrêtera pas après la trêve estivale. Fornaroli doit participer à d’autres séances TPC et EL1, poursuivre le simulateur et renforcer son soutien lors des vendredis de Grand Prix. Il doit retrouver McLaren dès la reprise de la saison au Grand Prix des Pays-Bas, prévu du 21 au 23 août 2026.
L’accumulation de kilomètres constitue l’étape la plus visible, mais McLaren évalue aussi la manière dont le pilote travaille entre deux sorties. Les ingénieurs attendent qu’il transforme les observations d’une séance en progrès mesurables lors de la suivante. Fornaroli estime d’ailleurs avoir franchi un cap à chaque roulage depuis son arrivée.
Cette approche progressive évite de brûler les étapes. Ses titres ont prouvé sa capacité à mener un championnat, tandis que les essais doivent maintenant démontrer qu’il peut remplir les exigences spécifiques d’un titulaire de F1.
Une candidature crédible pour la F1 2027, sans garantie de baquet
Les performances de Fornaroli ont suscité des questions sur une promotion dès 2027. Zak Brown n’a pas caché son estime pour le pilote. Le dirigeant de McLaren le considère comme un talent digne de la Formule 1 et espère le voir obtenir une place sur la grille, une position détaillée dans la déclaration officielle publiée par la F1.
Cette reconnaissance ne vaut toutefois pas contrat. Les volants McLaren sont occupés par Norris et Piastri, et une opportunité pourrait devoir apparaître dans une autre équipe. Le test réalisé avec Haas entretient cette possibilité, mais aucune destination n’a été annoncée. Fornaroli lui-même reste prudent : il confirme travailler pour atteindre la F1 tout en concentrant son attention sur ses responsabilités actuelles.
La situation rappelle que le statut de réserviste n’est pas une voie automatique vers un baquet. Pato O’Ward, longtemps lié à McLaren, a finalement choisi de se consacrer pleinement à l’IndyCar plutôt que d’attendre la Formule 1. Pour Fornaroli, chaque séance doit donc convaincre non seulement McLaren, mais aussi toutes les équipes susceptibles de disposer d’une place.
Ce que Fornaroli doit encore démontrer
Son palmarès junior et son cinquième temps lors de sa première séance libre constituent des arguments solides. La suite dépendra cependant de critères moins visibles : constance sur les longs relais, gestion des procédures, qualité des retours, adaptation aux changements de réglages et capacité à travailler sous pression sans commettre d’erreur coûteuse.
Fornaroli se trouve désormais à la dernière étape avant la grille. McLaren lui fournit du roulage, des responsabilités et un environnement de très haut niveau, tandis que son passage chez Haas élargit son expérience. Il ne lui manque plus que l’élément le plus difficile à obtenir : une place disponible au bon moment.
Le prochain semestre devra confirmer que Leonardo Fornaroli n’est pas seulement un double champion des formules de promotion, mais un pilote immédiatement exploitable par une équipe de F1. C’est cette capacité à convertir son apprentissage en résultats techniques qui décidera si son objectif 2027 peut devenir réalité.
Crédits photos
Photo : Peter Menzel / Wikimedia Commons.jpg) — CC BY-SA 2.0. Image redimensionnée par WordPress et diffusée sous la même licence.