Dernière minute
Brad Pitt lors de la Mostra de Venise en 2024
Actualités

Brad Pitt, Rossi, Loeb… 10 célébrités qui ont piloté une F1

Les célébrités qui ont piloté une F1 ne viennent pas toutes du sport automobile. Certaines sont des champions du MotoGP, du rallye ou de la NASCAR, tandis que d’autres ont découvert la monoplace grâce au cinéma ou à la télévision. Brad Pitt, Valentino Rossi, Tom Cruise ou encore Sébastien Loeb ont ainsi eu l’occasion de mesurer, dans des conditions très encadrées, ce qui sépare une voiture de route d’une Formule 1.

Ces expériences n’étaient pas toutes comparables. Quelques pilotes ont participé à de véritables séances d’essais chronométrées, d’autres à des échanges promotionnels ou au tournage d’une émission. Elles ont néanmoins un point commun : elles montrent à quel point l’adaptation à une F1 exige préparation physique, précision et respect de procédures complexes.

Brad Pitt lors de la Mostra de Venise en 2024

Brad Pitt et Tom Cruise : Hollywood découvre la vitesse d’une F1

Brad Pitt a été plongé au cœur de la Formule 1 pour incarner Sonny Hayes dans le film F1. Pendant la production, l’acteur a surtout conduit des monoplaces de Formule 2 modifiées aux couleurs de l’écurie fictive APXGP. Le tournage organisé lors de plusieurs Grands Prix lui a permis de travailler dans un environnement proche de celui des équipes, mais sans prendre le volant d’une F1 moderne en pleine compétition.

L’expérience est allée plus loin après la sortie du film en 2025. Lors d’un essai privé au Circuit des Amériques, à Austin, Pitt a conduit la McLaren de la saison 2023. Il a atteint 197 mph, soit environ 317 km/h. L’acteur visait symboliquement la barre des 200 mph, mais sa performance reste remarquable pour une personne qui n’a pas suivi le parcours classique de la monoplace.

Tom Cruise avait vécu une aventure comparable bien avant lui. En 2011, la star de Top Gun et Mission: Impossible a testé une Red Bull sur le circuit de Willow Springs, en Californie, sous la supervision de David Coulthard. Cruise a atteint 181 mph, environ 291 km/h, avec une vitesse maximale annoncée seulement quatre miles par heure plus faible que celle de l’ancien pilote écossais pendant cette journée. Sa passion pour la vitesse était déjà connue depuis le film Days of Thunder, sorti en 1990, mais le passage dans une F1 lui a imposé un niveau de contraintes physiques et techniques totalement différent.

Valentino Rossi et Marc Márquez : du MotoGP à la monoplace

Valentino Rossi figure parmi les sportifs qui ont alimenté les rumeurs les plus sérieuses de changement de discipline. En 2004, le futur nonuple champion du monde moto a effectué son premier essai pour Ferrari à Fiorano, sous le regard de Michael Schumacher. Ses progrès au fil de la journée ont impressionné l’équipe italienne et d’autres séances ont suivi, au point de faire naître l’idée d’une arrivée en Formule 1.

Rossi a finalement choisi de poursuivre sa carrière en MotoGP. Il a cependant retrouvé une F1 en 2019 lors d’un échange avec Lewis Hamilton sur le circuit Ricardo Tormo, près de Valence. L’Italien a pris le volant de la Mercedes W08 de 2017, tandis que Hamilton découvrait la Yamaha de la saison 2019. Plus qu’une opération spectaculaire, cette rencontre a illustré les différences de repères entre deux disciplines pourtant dominées par la recherche du freinage tardif et de la vitesse de passage en courbe.

Valentino Rossi pendant le Grand Prix moto d’Australie 2007

Marc Márquez a suivi une trajectoire plus ponctuelle. En 2018, l’Espagnol a essayé une Toro Rosso de 2012 au Red Bull Ring. Mark Webber l’a accompagné dans son apprentissage, tandis que Helmut Marko et Niki Lauda observaient la séance. Malgré une position de conduite, des commandes et des réactions très éloignées de celles d’une MotoGP, Márquez s’est adapté suffisamment vite pour recevoir les compliments de Webber. Dani Pedrosa a également conduit la monoplace au cours de cette opération.

Sébastien Loeb et Colin McRae : les champions du rallye à l’essai

Avec neuf titres mondiaux en rallye, Sébastien Loeb possédait déjà une maîtrise exceptionnelle de l’adhérence lorsqu’il a découvert la Formule 1. En décembre 2007, il a échangé son volant avec Heikki Kovalainen et conduit la Renault R26 qui avait remporté les championnats du monde 2006. Cette première expérience a précédé un essai plus révélateur avec Red Bull à Barcelone en 2008.

Au volant de la RB4, Loeb a signé le huitième temps parmi 17 pilotes. La performance a renforcé l’hypothèse d’une participation avec Toro Rosso au Grand Prix d’Abou Dhabi 2009. Le projet n’a pas abouti, notamment parce que le Français ne disposait pas de la Super Licence requise. Il a continué à construire son palmarès en rallye, sans fermer pour autant la porte à d’autres disciplines automobiles.

Colin McRae avait lui aussi démontré que les réflexes acquis sur terre et sur asphalte pouvaient se transférer rapidement à une monoplace. Le champion du monde des rallyes 1995 a essayé une Jordan à Silverstone en 1996, le jour de son 28e anniversaire. Martin Brundle avait, de son côté, pris le volant de la Subaru Impreza 555 de McRae.

Après 20 tours, l’Écossais n’était qu’à un peu plus de deux secondes du meilleur chrono de Brundle. L’écart doit être replacé dans son contexte : McRae découvrait une voiture beaucoup plus sensible à l’aérodynamique et devait modifier ses automatismes de freinage. Sa rapidité d’adaptation a fait de cette séance l’un des échanges les plus mémorables entre la F1 et le rallye.

Jeff Gordon et Carlos Sainz Sr : deux géants venus d’autres disciplines

Jeff Gordon était déjà quadruple champion de NASCAR Cup lorsqu’il a échangé sa Chevrolet avec la Williams de Juan Pablo Montoya en 2003. L’essai s’est déroulé sur le tracé routier d’Indianapolis. Habitué aux ovales et aux lourdes voitures de stock-car, l’Américain s’est approché à environ une demi-seconde du temps de référence de Montoya.

Cette prestation a relancé les discussions sur un éventuel passage en Formule 1. Gordon avait déjà eu des contacts avec BAR avant les débuts de l’écurie en 1999, mais il n’a jamais abandonné la NASCAR. Son test avec Williams reste toutefois l’un des exemples les plus convaincants d’un pilote américain de premier plan découvrant une F1 contemporaine.

Carlos Sainz Sr a attendu 2024 pour partager une journée en piste chez Ferrari avec son fils. Le double champion du monde des rallyes et multiple vainqueur du Dakar a conduit la F1-75 de 2022 à Fiorano, en effectuant notamment des tours en formation avec Carlos Sainz Jr. Ce n’était pas sa première expérience : en 2006, il avait déjà pris le volant de la Renault R25 de Fernando Alonso lors d’un événement promotionnel à Barcelone.

Dans les deux cas, l’enjeu dépassait le simple spectacle. Même à vitesse contrôlée, une F1 demande de gérer la chauffe des pneus et des freins, le volant, l’accélération et une position de conduite très spécifique. L’expérience immense de Sainz en rallye-raid lui apportait une compréhension mécanique précieuse, mais pas les mêmes références qu’en monoplace.

Guy Martin et Mick Doohan : des essais aussi rares qu’imprévisibles

Guy Martin a associé pilotage, histoire et mécanique dans une émission diffusée en 2018. L’ancien pilote moto et présentateur a passé plusieurs mois à restaurer une Williams FW08C de 1983 avec Williams Heritage avant de la conduire à Silverstone. Il a ensuite affronté Jenson Button, installé dans la spectaculaire FW08B à six roues, un prototype qui n’a jamais disputé de Grand Prix après la limitation réglementaire à quatre roues.

Button a remporté le duel, mais Karun Chandhok a salué la manière dont Martin avait abordé une machine ancienne, puissante et dépourvue des aides auxquelles un conducteur moderne pourrait s’attendre. Cette expérience rappelle que le pilotage d’une F1 historique présente des risques et des difficultés différents de ceux d’une monoplace actuelle.

Mick Doohan, quintuple champion du monde consécutif en 500 cm³ dans les années 1990 et père de Jack Doohan, a connu un apprentissage plus brutal. En 1998, lors d’un essai organisé avec Williams à Barcelone, l’Australien est parti en tête-à-queue dès son premier tour. Le rallyman Tommi Mäkinen, également présent selon les récits de cette séance, aurait connu une mésaventure similaire.

Doohan a apprécié l’occasion, mais elle ne lui a pas donné envie de se reconvertir en pilote automobile. Son fils Jack a suivi la voie inverse : formé à la monoplace, il a couru pour Alpine au début de la saison 2025 avant de devenir réserviste de Haas pour la campagne 2026.

Des performances impressionnantes, mais pas des comparaisons absolues

Chronos, vitesses maximales et commentaires des pilotes donnent une idée du talent de ces invités, sans permettre un classement rigoureux. Les voitures, les circuits, les pneus, les programmes et les conditions de piste étaient différents. Certaines séances privilégiaient la sécurité ou la promotion, tandis que d’autres se rapprochaient davantage d’un véritable test.

Le constat reste néanmoins révélateur. Les champions issus du MotoGP, du rallye ou de la NASCAR disposent d’une capacité d’adaptation exceptionnelle, mais aucun n’échappe à une phase d’apprentissage. Quant aux acteurs Brad Pitt et Tom Cruise, leur préparation et leur vitesse montrent le sérieux de leurs essais, sans les placer pour autant au niveau de pilotes professionnels entraînés depuis l’enfance. Prendre le volant d’une Formule 1 reste un privilège rare, et la maîtriser demeure un métier à part entière.

Crédits photos

Photo de Brad Pitt : Harald Krichel / Wikimedia CommonsCC BY-SA 4.0. Image éventuellement recadrée par WordPress.

Photo de Valentino Rossi : Tamas / Wikimedia CommonsCC BY 2.0. Image éventuellement recadrée par WordPress.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *.