Le Grand Prix de Bahreïn ne devrait pas retrouver le calendrier 2026
La Formule 1 semble avoir définitivement abandonné son projet de réintégrer le Grand Prix de Bahreïn au calendrier 2026. La reprise des affrontements au Moyen-Orient rend désormais trop risquée l’organisation d’une course sur le circuit de Sakhir.
L’épreuve bahreïnie devait initialement se dérouler au mois d’avril, mais elle avait été annulée avec le Grand Prix d’Arabie saoudite après le déclenchement des hostilités impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Les dirigeants de la F1 espéraient néanmoins pouvoir reporter la course à l’automne, si les conditions de sécurité s’amélioraient.
Un emplacement provisoire avait été envisagé entre les Grands Prix de Singapour, programmé du 9 au 11 octobre, et d’Azerbaïdjan, prévu du 24 au 26 octobre. Cette solution aurait permis à la discipline de récupérer l’une des deux manches annulées et de se rapprocher du calendrier initial de 24 courses.
Mais l’escalade militaire constatée le 13 juillet 2026 a une nouvelle fois bouleversé les plans. Les attaques menées contre des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe ont conduit la Formule 1 à retirer Bahreïn de son calendrier de travail.

La sécurité redevient la priorité absolue
La Formule 1 ne peut pas organiser un Grand Prix uniquement en fonction de la disponibilité d’un circuit. Elle doit également garantir la sécurité des pilotes, des équipes, des commissaires, des médias et des dizaines de milliers de spectateurs.
Un week-end de course mobilise plusieurs milliers de personnes et nécessite l’acheminement d’un volume considérable de matériel. Les équipes doivent expédier leurs monoplaces, leurs pièces détachées, leurs équipements informatiques et une partie de leurs structures opérationnelles plusieurs jours avant le début de l’épreuve.
Une situation militaire susceptible d’évoluer rapidement rend donc toute planification extrêmement difficile. Même si le circuit de Sakhir pouvait techniquement accueillir une course, la proximité d’installations militaires américaines visées dans la région représente un risque que la discipline ne souhaite pas prendre.
Des attaques iraniennes contre des sites américains ont notamment été signalées à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie après de nouvelles frappes américaines contre l’Iran. Cette extension géographique du conflit a fortement réduit les chances de voir la F1 revenir à Sakhir en 2026.

Une tentative de retour devenue impossible
Avant cette nouvelle escalade, le président de la Formule 1, Stefano Domenicali, espérait toujours restaurer au moins l’une des manches annulées du Moyen-Orient. Le retour de Bahreïn semblait plus réaliste que celui de l’Arabie saoudite, notamment grâce au caractère permanent du circuit et à son expérience dans l’organisation des compétitions internationales.
Sakhir accueille régulièrement la Formule 1 depuis 2004 et dispose de toutes les installations nécessaires. Le circuit est également utilisé pour les essais hivernaux, ce qui facilite normalement la logistique des équipes.
Mais ces qualités ne peuvent pas compenser une situation sécuritaire aussi incertaine. La priorité de la F1 reste d’éviter d’envoyer son personnel dans une zone où des attaques pourraient toucher des bases militaires, des aéroports ou les principales voies de transport.
Le scénario d’un Grand Prix de Bahreïn organisé à l’automne semble donc désormais écarté, même si aucune modification définitive du calendrier ne peut être considérée comme totalement figée tant qu’une communication officielle n’a pas été publiée.
Le calendrier ne devrait plus retrouver ses 24 courses
Le championnat 2026 avait initialement été construit autour de 24 Grands Prix. L’annulation de Bahreïn et de l’Arabie saoudite avait réduit ce total à 22 manches.
Le possible retour de Sakhir devait permettre à la Formule 1 d’organiser une vingt-troisième course. L’abandon de cette solution signifie que la saison devrait, au mieux, conserver son format actuel de 22 épreuves.
Ce nombre reste important sur le plan commercial. Les équipes ont conclu des accords avec leurs sponsors en fonction d’un certain niveau de visibilité pendant la saison. Les diffuseurs possèdent également des contrats prévoyant un nombre minimal de Grands Prix.
Chaque course annulée représente donc une perte potentielle de revenus pour la Formule 1, ses écuries, ses partenaires et les chaînes de télévision. C’est pour cette raison que la discipline étudie plusieurs solutions de remplacement, même si la sécurité reste prioritaire.
La Turquie étudiée comme solution de secours
Le circuit d’Istanbul Park fait partie des options envisagées pour accueillir une course supplémentaire.
La Turquie avait déjà servi de solution de remplacement pendant les saisons perturbées par la pandémie de Covid-19. Son tracé est apprécié des pilotes et des supporters, notamment grâce au célèbre virage 8, une longue courbe à plusieurs points de corde parcourue à haute vitesse.
Istanbul Park ne pourrait cependant pas accueillir immédiatement la Formule 1. Des travaux doivent encore être réalisés sur certains vibreurs et sur plusieurs barrières de sécurité afin de respecter les exigences de la FIA.
Ces modifications nécessiteraient une mobilisation rapide des autorités turques ainsi qu’un soutien financier et politique important. Sans engagement direct du gouvernement, il paraît difficile de préparer un Grand Prix dans un délai aussi court.
La Formule 1 doit également trouver une date compatible avec les autres courses, le transport du matériel et les conditions météorologiques locales.
Portimão et Imola figurent également parmi les possibilités
Le circuit portugais de Portimão est lui aussi cité parmi les solutions potentielles. Son tracé vallonné avait accueilli la Formule 1 en 2020 et 2021, offrant des courses appréciées pour leurs changements d’élévation et leurs virages rapides.
Cependant, le circuit de l’Algarve nécessiterait également quelques travaux avant de pouvoir recevoir une nouvelle manche du championnat.
Imola constitue une autre possibilité théorique. Le circuit italien ne figure plus au calendrier 2026, mais il possède toujours les infrastructures nécessaires à l’organisation d’un Grand Prix.
Un retour en Europe pendant la dernière partie de la saison reste néanmoins difficile. Après le Grand Prix d’Espagne organisé à Madrid, les équipes doivent normalement expédier leurs équipements vers les manches lointaines et procéder à la maintenance de leurs structures européennes. Ajouter une course en Europe obligerait donc toute la logistique à être réorganisée.
Deux courses sur le même circuit restent envisageables
La F1 pourrait également organiser un deuxième Grand Prix sur un circuit déjà présent au calendrier.
Singapour et Bakou ont notamment été évoqués comme des destinations capables d’accueillir une seconde épreuve. Cette solution réduirait certains besoins logistiques puisque les équipes et leur matériel se trouveraient déjà sur place.
Les écuries restent toutefois peu favorables à l’organisation de deux courses sur le même tracé pendant une seule saison. Une telle décision réduirait la diversité du calendrier et pourrait attirer moins d’intérêt commercial qu’un nouveau rendez-vous.
Il faudrait également modifier le nom de la seconde épreuve et éventuellement utiliser un format différent pour éviter de proposer deux week-ends totalement identiques.
Cette solution pourrait néanmoins devenir acceptable si elle permettait de maintenir au moins 22 courses sans exposer les équipes à des déplacements risqués.
Le Qatar et Abu Dhabi désormais sous surveillance
L’abandon du retour de Bahreïn ne règle pas toutes les difficultés du calendrier.
La Formule 1 doit encore déterminer si les deux dernières manches prévues au Moyen-Orient pourront se dérouler normalement. Le Grand Prix du Qatar est programmé le 29 novembre 2026, tandis qu’Abu Dhabi doit accueillir la finale du championnat le 6 décembre.
Ces courses ne sont pas annulées à ce stade. Elles restent officiellement inscrites au calendrier et la F1 conserve l’espoir de pouvoir les organiser.
Mais l’évolution du conflit empêche les responsables du championnat d’apporter une garantie définitive. Le Qatar et les Émirats arabes unis se trouvent dans une région directement touchée par les tensions militaires et accueillent également des installations stratégiques.
Les dirigeants devront surveiller la situation pendant les prochaines semaines avant de décider si les risques sont suffisamment maîtrisés.
Une décision attendue après la pause estivale
La Formule 1 ne pourra pas repousser indéfiniment sa décision concernant la fin du championnat.
Selon les informations provenant du paddock, une réponse devrait être apportée au plus tard pendant le Grand Prix des Pays-Bas, organisé à Zandvoort du 21 au 23 août 2026. Cette course marquera la reprise du championnat après la pause estivale.
Cette échéance permettrait aux équipes de disposer de plusieurs mois pour réorganiser leurs réservations, leurs transports et leurs programmes de travail.
Attendre davantage compliquerait considérablement la logistique. Les billets d’avion, les hébergements, le fret maritime et les autorisations douanières doivent être planifiés longtemps avant un Grand Prix.
La décision dépendra principalement de l’évolution de la situation militaire et des garanties de sécurité offertes par les autorités locales.
Une finale potentiellement menacée
L’éventuelle annulation du Grand Prix d’Abu Dhabi poserait une difficulté particulière, car Yas Marina doit accueillir la dernière course de la saison.
La Formule 1 devrait alors choisir une nouvelle destination pour conclure le championnat ou accepter que la saison se termine plus tôt, probablement à Las Vegas le 21 novembre si le Qatar et Abu Dhabi étaient tous les deux supprimés sans remplacement. Le calendrier actuellement publié place en effet Las Vegas juste avant les deux rendez-vous du Moyen-Orient.
Une telle modification pourrait avoir des conséquences importantes si les titres pilotes et constructeurs restaient indécis.
Les équipes préparent généralement leur développement, leur gestion des moteurs et leurs stratégies en fonction du nombre de courses restantes. La disparition de deux manches réduirait soudainement le nombre de points encore disponibles et pourrait modifier la manière d’aborder la fin du championnat.
La Formule 1 cherchera donc probablement à préserver une véritable finale, même si celle-ci devait être organisée ailleurs qu’à Abu Dhabi.
Le Qatar présente également un enjeu commercial important
Le Grand Prix du Qatar est devenu un rendez-vous important pour la stratégie commerciale de la Formule 1 au Moyen-Orient.
Le circuit de Lusail accueille également le MotoGP et dispose d’installations modernes capables de recevoir de grands événements internationaux. Sa course est programmée juste avant Abu Dhabi, formant normalement un enchaînement logistique cohérent pour conclure la saison.
Une annulation obligerait les équipes à revoir toute l’organisation de leurs dernières semaines de compétition.
Le Qatar accueille aussi des installations militaires américaines et avait déjà été concerné par les tensions régionales. Les responsables de la F1 devront donc analyser non seulement la situation autour du circuit, mais également les risques liés aux aéroports, aux voies maritimes et aux déplacements du personnel.
La F2 et la F3 attendent également une décision
Les conséquences dépassent largement la seule Formule 1.
Les calendriers de la Formule 2 et de la Formule 3 sont directement liés à celui de la discipline reine. Ces championnats utilisent une partie des mêmes infrastructures et accompagnent la F1 lors de plusieurs week-ends.
Toute modification tardive peut donc affecter leurs équipes, leurs pilotes et leurs budgets.
Les jeunes pilotes disposent généralement de moyens beaucoup plus limités que les grandes écuries de Formule 1. Des changements de calendrier peuvent entraîner des frais supplémentaires importants pour le transport, les hébergements et la préparation du matériel.
Les responsables de ces catégories attendent donc eux aussi une clarification rapide.
Le MotoGP et le WEC également touchés
La crise ne concerne pas uniquement les championnats de monoplaces.
Le MotoGP et le Championnat du monde d’endurance doivent également se rendre au Qatar. Certaines épreuves initialement prévues plus tôt dans la saison avaient déjà été reportées en raison du conflit et restent incertaines.
Le WEC doit notamment organiser les 1812 kilomètres du Qatar, tandis que le MotoGP possède lui aussi une manche prévue sur le circuit de Lusail.
Chaque championnat prend ses propres décisions, mais tous doivent évaluer des risques similaires concernant la sécurité, les assurances, le fret et les déplacements internationaux.
Les assurances peuvent compliquer l’organisation
Au-delà des décisions politiques et sportives, les compagnies d’assurance jouent un rôle essentiel.
Les équipes, les promoteurs et les prestataires doivent être assurés pour leur personnel, leur matériel et leurs activités. Lorsqu’une destination est considérée comme une zone à haut risque, les primes peuvent fortement augmenter ou certaines garanties peuvent être retirées.
Même si les autorités locales affirment pouvoir protéger l’événement, l’absence d’une couverture suffisante pourrait rendre l’organisation impossible.
Les compagnies aériennes et les transporteurs peuvent également modifier leurs itinéraires ou suspendre certaines liaisons, ce qui compliquerait encore le déplacement des milliers de personnes nécessaires à un Grand Prix.
Liberty Media veut préserver au moins 22 courses
La Formule 1 possède un intérêt financier évident à maintenir un calendrier aussi complet que possible.
Les contrats de diffusion, les accords commerciaux et les partenariats des équipes ont été négociés sur la base d’une saison particulièrement longue. Une réduction supplémentaire du nombre de courses pourrait entraîner des renégociations et une diminution de la visibilité offerte aux sponsors.
La FOM et les équipes semblent donc vouloir préserver un minimum de 22 manches. Mais atteindre ce nombre dépendra directement de la tenue des rendez-vous du Qatar et d’Abu Dhabi.
Si les deux courses étaient annulées sans remplacement, le championnat tomberait à 20 Grands Prix. La discipline devrait alors choisir entre accepter cette réduction ou organiser rapidement une ou deux épreuves supplémentaires dans une autre région.
Un calendrier 2026 encore loin d’être définitif
À la date du 13 juillet 2026, le retour du Grand Prix de Bahreïn semble donc pratiquement exclu, tandis que les courses du Qatar et d’Abu Dhabi restent officiellement prévues mais incertaines.
La Formule 1 dispose encore de plusieurs semaines pour prendre une décision. Elle étudie différentes solutions, dont Istanbul, Portimão, Imola ou une seconde course sur un circuit déjà visité. Aucune option ne s’impose toutefois comme une solution simple et immédiate.
La priorité restera la sécurité de toutes les personnes impliquées. Les considérations commerciales et sportives sont importantes, mais elles ne peuvent pas justifier l’organisation d’un Grand Prix dans une région où les risques militaires évoluent quotidiennement.
La saison 2026 pourrait donc se terminer avec 22 courses, être réduite à 20 manches ou connaître une nouvelle réorganisation majeure. La décision attendue autour du Grand Prix des Pays-Bas sera déterminante pour connaître la véritable forme de la fin du championnat.