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Vue de face de l’Aston Martin AMR26 numéro 14 dans son garage pendant le Grand Prix de Chine 2026
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Moteur Honda F1 : les changements attendus à Zandvoort

Le moteur Honda F1 va franchir une étape importante au Grand Prix des Pays-Bas. À Zandvoort, Aston Martin utilisera la deuxième spécification du RA626H, première évolution majeure accordée au constructeur japonais pendant la saison 2026. Le travail porte avant tout sur les performances du moteur thermique, encore considéré comme le principal point faible de l’unité de puissance.

Cette arrivée intervient dans un contexte particulier. Aston Martin a profondément revu son AMR26 en Hongrie et veut désormais associer cette nouvelle base de châssis à un moteur plus compétitif. Honda reste toutefois prudent : l’évolution doit réduire une partie du retard, mais elle ne suffira pas à effacer instantanément l’écart avec les motoristes les plus performants.

Moteur Honda F1 : le thermique devient la priorité

Shintaro Orihara, responsable des opérations en piste et ingénieur en chef de Honda, reconnaît que le moteur à combustion constitue aujourd’hui la faiblesse la plus importante du RA626H. Le constructeur a donc choisi de concentrer cette première évolution sur le thermique plutôt que de disperser ses ressources entre plusieurs composants.

Dans son entretien avec Motorsport.com, l’ingénieur explique que l’amélioration de la gestion de l’énergie aurait un intérêt limité si le moteur à combustion restait nettement en retrait. Honda veut d’abord retrouver un niveau de puissance qui permette à Aston Martin de participer réellement à la lutte du milieu de grille.

Le chiffre exact du gain n’a pas été communiqué. Plusieurs estimations circulent, mais elles ne sont pas confirmées par Honda et doivent être considérées avec prudence. Le premier objectif est surtout de rapprocher le RA626H de sa cible interne et de fournir une base plus solide pour les évolutions suivantes.

Vue de face de l’Aston Martin AMR26 numéro 14 dans son garage pendant le Grand Prix de Chine 2026

Pourquoi la partie électrique ne change pas encore

Le règlement 2026 a profondément transformé les unités de puissance. Le RA626H associe un V6 turbo de 1,6 litre à un MGU-K, une batterie et des systèmes électroniques de contrôle. La puissance électrique occupe une place beaucoup plus importante qu’auparavant, tandis que le MGU-H a disparu.

La présentation technique de l’Aston Martin AMR26 rappelle que le MGU-K développe désormais jusqu’à 350 kW et que la répartition de la puissance se rapproche d’un équilibre entre thermique et électrique. Cette architecture rend la gestion de l’énergie cruciale, mais elle ne réduit pas l’importance du moteur à combustion.

Le thermique doit toujours propulser la voiture et contribuer à recharger la batterie dans certaines phases. Un déficit à ce niveau pénalise donc la vitesse en ligne droite, mais aussi la quantité d’énergie disponible et la manière dont elle peut être déployée sur un tour.

Honda ne renonce pas à faire progresser les autres éléments du système. Le constructeur juge simplement que le meilleur rendement immédiat vient d’une amélioration du moteur thermique. Une fois cette étape franchie, les ingénieurs pourront consacrer davantage de ressources à des optimisations plus fines de l’ensemble hybride.

Une nouvelle combustion qui modifie la maniabilité

Gagner de la puissance ne suffit pas. Le comportement du moteur doit rester prévisible lorsque le pilote accélère, relâche la pédale ou remet les gaz au milieu d’un virage. Cette qualité, souvent résumée par le terme de maniabilité, influence directement la confiance de Fernando Alonso et Lance Stroll.

La nouvelle spécification modifie sensiblement les caractéristiques de combustion. Cette évolution peut changer la réponse du moteur et la façon dont le couple arrive aux roues arrière. Les réglages développés pendant la première moitié de saison devront donc être adaptés à la nouvelle version.

Honda ne repart cependant pas de zéro. Orihara indique que les méthodes de travail et les outils d’optimisation ont nettement progressé depuis les essais hivernaux. Les ingénieurs savent mieux identifier les zones problématiques et peuvent transférer une grande partie des connaissances accumulées vers le moteur évolué.

Le châssis complique également l’équation. Avec une AMR26 plus rapide en courbe après le package hongrois, les sollicitations du groupe propulseur changent. La coordination entre Aston Martin et Honda devient essentielle pour que la réponse du moteur corresponde aux nouvelles vitesses de passage et aux réglages aérodynamiques.

Fernando Alonso au volant de l’Aston Martin AMR26 pendant les qualifications du Grand Prix de Chine 2026

Le roulage du Hungaroring a permis un premier contrôle

Avant la pause estivale, Aston Martin a installé le nouveau moteur dans l’AMR26 lors d’une journée de tournage au Hungaroring. Ce type de roulage reste limité en distance et s’effectue avec des pneus de démonstration, mais il permet de vérifier l’intégration des composants et de recueillir de premières données en conditions réelles.

Cette séance ne remplace pas un week-end de Grand Prix. Les charges aérodynamiques, les programmes de puissance et le niveau d’attaque ne sont pas identiques. Elle réduit néanmoins le risque de découvrir un problème fondamental lors des premiers essais libres à Zandvoort.

Honda peut comparer les mesures de la piste avec celles de ses bancs d’essai, tandis qu’Aston Martin contrôle le refroidissement, les vibrations et les échanges de données entre le moteur et le châssis. Chaque incohérence identifiée avant la reprise donne du temps aux ingénieurs pour corriger les paramètres sans sacrifier une séance officielle.

Cette préparation prolonge l’annonce initiale de l’échéance néerlandaise. F1 Univers avait déjà détaillé pourquoi Honda avait choisi le Grand Prix des Pays-Bas pour introduire son moteur évolué. Les nouvelles informations précisent désormais les priorités techniques de cette étape.

L’ADUO donne à Honda une marge de développement

Cette évolution est rendue possible par l’ADUO, le mécanisme de développement supplémentaire destiné aux motoristes les moins performants. Honda bénéficie d’une marge importante parce que son unité de puissance a été évaluée en retrait par rapport à la référence du plateau.

Le principe doit éviter qu’un constructeur reste durablement bloqué avec un moteur insuffisamment compétitif. Son application reste cependant discutée, car la mesure de la performance et l’attribution des possibilités de développement peuvent produire des situations contestées. Notre analyse des faiblesses reconnues du système ADUO revient sur ces limites.

Pour Honda, Zandvoort représente donc une première utilisation concrète du mécanisme, pas l’aboutissement du programme. Le constructeur sait que plusieurs étapes seront nécessaires pour combler son retard. Le comportement de la nouvelle spécification déterminera les domaines à privilégier lors des développements futurs.

Lance Stroll au volant de l’Aston Martin AMR26 pendant les essais libres du Grand Prix de Chine 2026

Zandvoort devra confirmer les progrès d’Aston Martin

Le tracé néerlandais offrira un premier test exigeant. Les enchaînements rapides, les virages relevés et la difficulté à dépasser accordent une grande importance à la confiance du pilote et à la précision de la réponse du moteur. Une qualification plus solide pourrait donner à Aston Martin une meilleure chance de rester au contact du milieu de grille.

Le bilan d’Aston Martin après la première moitié de saison reste très préoccupant : l’équipe n’a marqué qu’un point et son projet 2026 a accumulé les problèmes de performance et de fiabilité. Le package de Hongrie a fourni un premier signe d’amélioration, mais une seule course ne permet pas encore de confirmer un redressement durable.

Honda devra donc évaluer plusieurs indicateurs à Zandvoort : la puissance disponible, la stabilité de la combustion, la maniabilité dans les virages et la fiabilité sur l’ensemble du week-end. Aston Martin observera de son côté la manière dont le moteur évolué fonctionne avec son nouveau châssis et ses réglages.

Le résultat brut ne racontera pas toute l’histoire. Une arrivée proche des points, un passage régulier en Q2 ou une réduction mesurable de l’écart constitueraient déjà des progrès. Le moteur Honda F1 évolué doit surtout prouver qu’il offre une direction de développement fiable, capable de soutenir la reconstruction d’Aston Martin au-delà du seul Grand Prix des Pays-Bas.

Crédits photos

Photo 1 : Liauzh / Wikimedia Commons — Aston Martin AMR26CC BY 4.0. Image redimensionnée par WordPress.

Photo 2 : Liauzh / Wikimedia Commons — Fernando AlonsoCC BY 4.0. Image redimensionnée par WordPress.

Photo 3 : Liauzh / Wikimedia Commons — Lance StrollCC BY 4.0. Image redimensionnée par WordPress.

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